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Régler le mors

Bien régler le mors est une notion d’utilité très élevée ; à commencer par le confort de nos chevaux. En outre, ça peut aussi commencer à régler énormément des soucis rencontrés en terme de contact. La surpression aux commissures ou pire, le contact avec une dent provoque incompréhension, inconfort, voire douleurs.

Au même titre que reculer la selle derrière l’épaule a débloqué pas mal de situations épineuses ; ajuster le mors correctement a également ce pouvoir.

Comment régler l’embouchure de façon simple et en étant certains de ne pas pouvoir se tromper ? Réponse dans cet article à mettre entre toutes les mains cavalières !

Fini les plis !

Le nombre de plis à la commissure des lèvres comme indicateur du réglage du mors ne veut RIEN DIRE.

« Il faut deux plis aux commissures ». « Chez certains chevaux un pli ». « Il faut que l’embouchure soit ni trop haute ni trop basse » (sans déc’ ?!)… Sont des phrases que nous ne devrions plus jamais entendre dans le monde équestre. Et je suis très sérieuse : il suffit.

En effet, aucune de ces phrases que nous entendons à longueur de temps ne nous parlent des choses vraiment importantes. D’une part, ça n’est jamais corrélé à la morphologie propre du cheval (fissure labiale haute, basse, lèvres fines ou charnues…). D’autre part, ça ne nous parle jamais des principales intéressées à protéger : les dents, particulièrement sensibles, de nos chevaux.

Alors ça suffit les plis !

Régler le mors : 3 étapes

En fait c’est plutôt 2 étapes mais je vous détaille tout. Je me suis demandé comment expliquer et permettre aux cavaliers de faire ces réglages simplement. Je vous présente donc ici une manière simple de régler son mors, avec des outils que l’on a toujours sur soi (sauf si on est ébéniste). Ces outils se nomment : « doigts ».

Notre « cobaye » du jour, le beau Billy, va tout nous expliquer. C’est parti !

Étape 1 : Rênes détendues

Étape 1 : Cette étape est un simple contrôle visuel. Rênes détendues, écartez délicatement les lèvres sur le côté (côté gauche est plus simple pour les droitiers). Regardez alors où se place le mors par rapport à la canine maxillaire : il ne doit pas la toucher.
Si vous avez un mâle ou une jument bréhaigne, vous êtes concernés par cette étape. Si vous avez une jument, vous pouvez directement passer la la suite ! (Vous pouvez observer ici également un passage de langue adapté à la largeur de la langue ; trop rare dans nos contrées..)

Cette étape est un simple contrôle visuel. Rênes détendues, écartez délicatement les lèvres sur le côté (côté gauche est plus simple pour les droitiers). Regardez alors où se place le mors par rapport à la canine maxillaire : il ne doit pas la toucher.

Étape 2 : Prenez les rênes

Étape 2 : Prenez du contact sur vos rênes, soit grâce à une aide extérieure, soit en prenant vos deux rênes dans une main. Important : les deux rênes doivent être tendues, le plus symétriquement possible !

Prenez du contact sur vos rênes, soit grâce à une aide extérieure, soit en prenant vos deux rênes dans une main. Important : les deux rênes doivent être tendues, le plus symétriquement possible !

Étape 3 : Rênes tendues

Étape 3 : À l'aide de votre pouce ou de votre index, contrôlez l'espace entre le bord caudal du canon et la première prémolaire. Pour chercher cette dernière en toute sécurité, placez vous comme sur la photo. Votre pouce doit d'abord rencontrer la barre maxillaire puis glisser le long de celle-ci pour rencontrer la prémolaire. Agissez avec prudence et douceur pour ne pas surprendre le cheval. Lors des premiers contrôles, n'hésitez pas à descendre le mors "au plus près" des crochets (étape 1) pour ne pas vous faire coincer le doigt. Il faut qu'il y ait au moins l'espace d'un pouce ou d'un index entre le bord caudal du canon et la première prémolaire.

À l’aide de votre pouce ou de votre index, contrôlez l’espace entre le bord caudal du canon et la première prémolaire. Pour chercher cette dernière en toute sécurité, placez vous comme sur la photo. Votre pouce doit d’abord rencontrer la barre maxillaire puis glisser le long de celle-ci pour rencontrer la prémolaire. Agissez avec prudence et douceur pour ne pas surprendre le cheval. Lors des premiers contrôles, n’hésitez pas à descendre le mors « au plus près » des crochets (étape 1) pour ne pas vous faire coincer le doigt.

Il faut qu’il y ait au moins l’espace d’un pouce ou d’un index entre le bord caudal du canon et la première prémolaire. Si il n’y avait qu’une seule phrase à retenir, ce serait celle-ci !

Résultat

Selon la morphologie du cheval, le design du mors, la forme des canons, leur épaisseur, la répartition de la langue… Cela va donner 0 plis, 1 pli, 2 plis, 3 plis ; des gros ou des p’tits… Et ce sera correctement réglé quand-même !

Ici par exemple, un tout mini pli !

Il vous faudra ensuite vérifier régulièrement ces réglages (étirement des montants du mors, notamment). Il est également nécessaire de refaire ces réglages et ces vérifications à chaque changement d’embouchure. Évidement, nous partons ici du principe que l’embouchure que vous avez à régler convient un minimum à votre cheval. Également, que votre cheval ne présente pas de particularités morphologiques qui rendraient le réglage compliqué (mais dans ce cas, vous pouvez vous faire aider !)

Le mors ne doit JAMAIS toucher les dents. Ni les crochets, ni les prémolaires. Jamais.

Seule règle d’or sur ce sujet !

Pour conclure : diffusez !

Oui, je le répète vraiment partout, y compris à la fin de chaque compte-rendus !

C’est la première chose que j’explique en consultation, je l’explique pendant les stages, je le répète inlassablement, partout, tout le temps… Tout le monde gagne à savoir comment régler le mors. Je pourrait tout à fait reprendre les mots de Eugénie Cottereau dans cette situation :

Tu me diras, à 100€ la consultation pour une histoire de 10cm plus en arrière, je peux devenir riche rapidement. Mais en soi ça me fait pas plaisir pour autant, parce que c’est pas à moi d’apprendre aux gens à seller correctement, c’est aux moniteurs, c’est au programme du galop 1.

Source : saddle-fitting.fr

Remplacez les mots « selle » et « seller » et on est totalement dedans.

J’aimerai sincèrement que ce « mini-guide » fasse le tour des sphères équestres, sur internet, réseaux, forums et autres. Parfois ça se joue à quelques millimètres et on a déjà une partie de la solution. Régler le mors est très facile et avec un peu d’exercice, très rapide. Et ça peut vous éviter un tas de problèmes.

Ça ne tient à rien et ça peut tout changer !

Auteur : Laetitia

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Cet article a été écrit par Laetitia Ruzzene et appartient au titre des droits d’auteurs au site http://www.bit-fitting.fr. Les textes contenus dans cet article peuvent être réutilisés ou distribués dans la mesure de la mention de son auteur ainsi que de l’origine de l’article (lien URL direct).

5 commentaires sur “Régler le mors

  1. Merci pr cet article.
    Avez vous des infos sur la largeur du mors approprié ?
    C’est peut être évident pour certains mais personnellement j’hésite toujours entre deux tailles ça ‘est pas forcément évident de savoir ce qui convient le mieux au final sans des tests.

    1. Pour moi aussi ça m intéresse.. Mon poney croisé Haflinger Fjord a depuis des années un mors droit, avec des branches très longues, mors western. A l époque, assez dur à arrêter ou à ralentir, mais mon gros Gus a 21 ans et il est calmé. Je voudrais lui mettre un mors tout simple, assez épais, mors brisé. Mais je mesure 15 cms, ça me paraît énorme. J hésite aussi à tester le monter sans mors, avec un bosal ou hackamore

    2. Je ferait peut-être à l’occasion un article à ce sujet mais c’est quelque chose qui fait entrer de nombreux paramètres en compte.

      Par exemple, prenons un cheval à « grosse langue », avec des lèvres très charnues. Avec un mors « A », disons un double brisure avec un losange trop grand et des canons ronds ; le cheval fait du 135 mm. Ce mors, pour lui, plaque la langue sur les cotés de la bouche ; la faisant ressortir de chaque cotés et poussant les commissures des lèvres vers l’extérieur. Mais le 135 mm lui va bien, avec ce design là.

      Prenons ce même cheval, cette même morphologie, mais mettons maintenant un mors avec un passage de langue tel que la langue puisse rester entièrement dessous. Comme elle n’est plus « étalée » sur les côtés et ne « pousse » plus les commissures ; le cheval fait à présent du 120 mm. On a pas changé de cheval, juste de design de l’embouchure. Voyez à quel point il est compliqué de donner à cette question une réponse facile et ferme.

      De façon générale, le mors ne doit pas serrer les commissures ou le côté de la face. Sur un mors à anneaux libres, il faut que l’embouchure soit très légèrement éloignée des commissures et sur les anneaux fixes, à peine au contact de ces dernières. Et puis après, ben à part tester il n’y a pas grand chose de plus à savoir côté théorique de la chose. C’est également pour ça que je travaille avec des marques qui proposent des systèmes de mesure à intervalles ou à demi-mesure (115, 120, 125, 130…), pour se donner de quoi tomber au plus juste.

      Bonne journée !

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